Les oisifs
J’essaie depuis longtegmps
j’essaie d’avoir des amis
mais ça marche pas
oui bon
y a bien des chiens qui me courent après
toutes sortes de chiens
des espagnols des petits kinois
des poinsettias des matamores
deslabradouilles des grosses boules d’orgre
des grands polissons
et même des daltoniens
qui me mettent leurs petits points noirs
plein les yeux
pluss un grand danube mélancolorique
qui me lâche pas
mais c’est pas pareil
c’est pas des vrais amis
c’est même pas moi qu’ils suivent
ils se suivent eux-mêmes
la queue leu leu
ils se suivent et se ressemblent pas
non moi
qu’est-ce que j’aimerais avoir comme amis ?
c’est les oisifs
j’aimerais avoir plein de petis amigrateurs
qui viendraient dans ma main
faire le ramasse-miettes
ça manque pas les oisifs
je les voye qui me volatilent autour
des petits goineaux des passerelles
des poinçons des corbeilles
des grivoises des sansonniers
des étourdis qui passent engoulement pshuitt
à la fauvette au-dessus du nid de casse-cou
et des plus gros aussi
comme des bassines
et des tourtières et des plumards
et des escarcelles
et des troupeaux d’édredons
suivis de leurs petits coussins
et ça passe
pas un oisif qui s’arrête
j’ai beau passer des heures
à faire le perchoir les bras comme ça
ils viennent pas ils m’aiment pas c’est sûr
c’est épouvantail
et mo je reste là
tout seul
à tourner en rond comme un radar sauvage
qui fait des petits signes
tournesol tournesol
ça finit pas donner la migraine
ça passe ça file les oisifs
et même des fois ça revient pas
comme mes colombes
j’avais trois colombes
trois petites bien de chez nous
et un jour elles sont parties
les colombes quand ça a le pignon voyageur
ça déménage
elles sont migrationné vers l’absud
et elles sont stoppé en chemin
pas tellement loin
dans la décapitale
ça leur a faire perdre la tête bien sûr
elles ont commencé à crier pêt pêt pêêêt
ça leur a enflammé l’alouette
ce qui leur a donnée la rouge gorge
et alors elles sont pris le couvoir
et se sont mises à pontifier pontifiment
un peu partout
en roulant des yeux exorbitants
elles se prenaient pour des faucons
et pour mieux épervier tout le monde
elles se sont entourées
de toutes sortes de carapaces qui abusent
des carapaces de la pire espiègle
à deux têtes et à deux langues
qui cessent pas de crier
tant mieux si le condort
le vautour est toujours debout
pôvres petites colombes
elles se sont perdues
je les reverrai plus jamais ici
c’est dur de se faire des amis…